Découvrir trakking dans l’atlas du Maroc

26 août 2008 – 19:47

Avec ses trois mille six cent kilomètres de côtes, le Maroc apparaît souvent comme une destination balnéaire, alors que curieusement, le royaume chérifien est essentiellement un pays de montagnes, traversé d’ouest en est et du nord au sud par quatre grandes chaînes montagneuses le Rif, le Haut-Atlas, le Moyen Atlas et l’Anti Atlas. Parmi toute la superficie montagneuse marocaine, près de cent mille km2 culminent au delà de mille cinq cent mètres une mine de parcours exaltants pour les amateurs de randonnées, d’autant que les différentes chaînes présentent une diversité géographique étonnante forêts de cèdres ou de chênes verts, vastes plateaux, neiges éternelles, massifs pré sahariens… Autant dire que le tourisme écologique ne manque pas de perspectives sous le soleil marocain.

La découverte de la montagne marocaine est pourtant relativement récente, puisque la première ascension touristique du Toubkal (4 165 m), le plus haut sommet d’Afrique du Nord surnommé par les habitants de la région «adrar n derarn » (la montagne des montagnes), ne date que de 1923, François Chalumeau, le président du Club Alpin français à Casablanca, nous aide à retracer l’histoire de cette découverte. Dès la seconde moitié du XIXe siècle, des expéditions ont lieu dans le Haut Atlas occidental, où le sommet du Jbel Gourza est atteint en 1871.

Faudra attendre ensuite les années trente pour que de grands noms de l’alpinisme français, tels que Jacques de Lépiney ou Jean Dresch s’intéressent à la mon¬tagne marocaine. Les premières expéditions qu’ils réalisent ont avant tout un but scientifique, plutôt que touristique. Ces grands conquérants des cimes laissèrent d’ailleurs pour mémoire le premier guide alpin du Toubkal, à partir des notes relevées avec une étonnante précision.

Ce n’est qu’à la fin des années cinquante que débu¬tent les premiers circuits pédestres et à ski dans le Haut Atlas. Le mot « trekking » n’est pas encore d’usage et ce ne sont que quelques rares amateurs qu’y s’aventurent, organisant eux mêmes leurs expéditions. Ils sont relayés dans les années soixante et soixante dix par la vague des coopérants étrangers, français surtout, qui initient un véritable mouvement de redécouverte de la montagne marocaine. Tous les ouvrages en la matière datent d’ailleurs de cette période. Puis vient l’époque où la mode du trekking et du tourisme vert commence à déferler sur l’Europe. « Comme on ne veut plus bronzer idiot, précise François Chalumeau, on ne veut pas non plus marcher idiot. Les nouveaux randonneurs conçoivent désormais leurs sorties sous l’angle écologique et culturel. Or, au Maroc, il est très facile de ne pas marcher idiot ». La montagne berbère est là, en effet, avec toute sa culture, son architecture, sa faune et sa flore, ses paysages saisissants pour l’étranger de passage, car différents de ceux auxquels il est habitué.

Seules les infrastructures et l’encadrement de ce type d’activité faisaient encore défaut pour pouvoir accueillir un nombre de plus en plus important de randonneurs, et faire en sorte que leur venue en masse au Maroc ne trouble pas la vie des gens, tout en ayant des retombées économiques pour eux et leur région. Le président du Club Alpin Français rend hommage à ce propos au ministre du tourisme de l’époque, M. Moussa Saadi, lui même connaisseur puisque ingénieur géologue, qui sensibilisa le gouvernement d’alors pour que cette montagne là ait aussi sa chance.

 

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